vendredi 12 mai 2017

Sur le chemin du Lech #4 : de Lech à Warth (jour 3)


Je poursuis aujourd'hui le récit de ma randonnée entre l'Autriche et l'Allemagne le long d'un cours d'eau, le Lech, avec la troisième étape du parcours, entre Lech et Warth. 

Au matin de l'étape, nous savons que la journée sera plus fatigante que la veille, car nous quittons définitivement l'auberge de Lech, où nous avons passé trois nuits, chargées donc de notre grand sac de voyage. (Tout au long de notre randonnée, nous avons profité d'avoir choisi chaque fois de dormir plusieurs nuits dans la même auberge pour n'emporter que le strict minimum en journée.)

Notre prochaine auberge est située à Steeg, que nous rejoindrons en bus après le terme de notre étape du jour, et où nous passerons 2 nuits. 

Pour compenser le poids du bagage pendant cette étape de transfert, nous nous sommes fixé un objectif raisonnable en terme de marche, et une journée au dénivelé correct sur la majeure partie du parcours. Nous découvrirons quelques heures plus tard que ce que nous appelions le matin "juste une petite montée en fin de parcours" va avoir raison de nous. 

Nous quittons à contrecoeur notre auberge, Claudia et "notre" montagne face à la fenêtre de notre chambre. Aucune auberge n'arrivera à la hauteur de cette première escale par la suite, malgré un accueil toujours chaleureux où que nous soyons passées. 

En quittant Lech, nous faisons d'abord une halte sur le mont Rufikopf, comme nous l'a conseillé Claudia. Il est possible d'atteindre le sommet par le funiculaire (gratuit pour les randonneurs du Lechweg détenteurs de leur carte de bus, 10 euros dans les autres cas), et c'est le choix que nous faisons, car nous avons prévu une étape ce jour-là. Mais il  y a tant de possibilités de randonnées là-haut (beaucoup exigent un certain entrainement ceci dit, car nous sommes ici en haute montagne), qu'il est largement possible d'envisager de passer une journée entière sur le Rufikopf (et de choisir d'y monter à pied, bien sûr, pour les plus téméraires !). 
Même pour n'y passer qu'un petit moment, je pense que c'est vraiment à ne pas manquer. Nous avons eu la chance d'y monter par un matin de grand soleil, le temps nous offrant alors des paysages et des vues à couper le souffle. De toute la randonnée, je pense que si je devais retenir une image, ce serait celle-ci, tout là-haut sur le Rufikopf, l'immensité. Et cette sensation de pouvoir regarder en face les montagnes aux alentours, sans avoir à lever les yeux.




Il est difficile pour nous de quitter le Rufikopf, dont nous n'avons eu qu'un aperçu, mais il est temps de redescendre et d'entreprendre notre journée de marche. 
La première partie du parcours est très agréable, et nous nous réjouissons du retour du soleil, après deux jours mitigés. Nous apprécions pour la première fois la lumière matinale qui fait briller les montagnes, et nous leur découvrons mille contrastes qui nous avaient échappé jusque là. Tout est plus intense sous le soleil. Les champs ne nous ont jamais paru aussi verts, le ciel aussi bleu, ni les paysages aussi beaux. Pour un peu, notre voyage deviendrait presque une petite promenade de santé. 

Dans la vallée, nous avançons au rythme des cloches des vaches, à qui nous faisons des politesses sur le chemin.  

Au revoir joli village de Lech, et "notre" montagne...

La petite marche tranquille ne dure pas, car on se rend assez vite compte que les sacs sont plus lourds que la veille. Tandis que le soleil grimpe dans le ciel et que le dénivelé s'accentue, les épaules souffrent déjà, alors que nous n'en sommes qu'à la première partie du parcours. Nous nous octroyons une large pause déjeuner à l'ombre d'un arbre, pendant laquelle nous regardons passer les nuages derrière les montagnes. 



L'après-midi est éprouvant, sous un soleil de plomb, et nous savourons la moindre portion de chemin effectuée dans les sous-bois, pendant qu'on slalome entre de magnifiques et gigantesques pins qui ont l'air de chercher à nous ouvrir la voie. 

Les paysages qui s'offrent à nous sont d'une incroyable variété, et, alors que nous marchons au beau milieu d'un champ de fleurs, on s'amuse à tâcher de reconnaître quelques-unes des fleurs de montagne aperçues les jours précédents. 



De temps à autre, on entend le bruit du Lech, qui coule tout en bas, et que l'on verra assez peu au cours de cette étape. C'est drôle comme le simple fait de l'entendre, parfois, suffit à nous rappeler que nous sommes un peu là pour lui, finalement, pour le regarder prendre naissance, tout bébé, et puis grandir, grandir, grandir, filer vers un autre pays, même, et puis le laisser partir. 

La fin d'étape nous réserve une épreuve assez difficile à gérer psychologiquement puisque, alors que nous sommes déjà bien fatiguées, nous comprenons qu'il va nous falloir entreprendre une longue descente jusqu'à la vallée… pour ensuite remonter à la même altitude que celle où nous nous trouvons. Nous pouvons presque apercevoir à vol d'oiseau le terme de notre étape, le village de Warth, et alors qu'il nous semble tout proche, nous savons bien que les choses vont être un tout petit peu compliquées que cela. 
 Le moment où je comprends que je vais devoir redescendre… pour remonter fissa aussi haut. 

À mesure que nous avançons dans la descente, le bruit du Lech se fait toujours plus tonitruant, et quand on y parvient enfin, c'est un torrent bouillonnant que l'on retrouve. Des eaux cristallines, toujours, mais loin du petit "bébé" que nous avons vu naître la veille. On ne résiste pas à plonger nos pieds dans l'eau… et à les ressortir très vite, transis de froid (Le Lech puise son eau directement dans les glaciers). 

Nous resterions bien là, mais nous avons bien conscience que nous sommes redescendues au point le plus bas de la vallée, et qu'il faut maintenant grimper une montagne, ni plus ni moins. Nous le ferons à bout de forces, nous ménageant des pauses (très) fréquentes, saisissant chaque possibilité de nous arrêter pour nous retourner et admirer les paysages. Là-bas, tout là-bas, nous reconnaîtrons même "notre" montagne, celle que nous avons quittée le matin même à Lech, sans trop savoir si elle est là pour nous encourager ou pour nous dire que nous n'avons finalement pas beaucoup avancé. 

L'ascension nous paraîtra sans fin, à nous, randonneuses en herbe, et il nous faudra plusieurs heures, le soir, pour passer outre les traumatismes physiques de l'étape et commencer à nous dire ce qu'ils étaient beaux, malgré tout, les paysages du jour !

Petites infos pratiques : 
  • À Warth, terme de notre étape, nous avons pris la navette des randonneurs pour rejoindre Steeg, où se situait notre deuxième auberge, l'auberge Lechblick  (littéralement "vue sur le Lech"). Plus rudimentaire que celle de Lech, elle nous a tout de même permis de nous octroyer des nuits très reposantes, et de profiter de gros petits déjeuners, nos deux essentiels pendant tout le voyage.
  • Pour dîner à Steeg, beaucoup moins d'options se présentent à nous. Nous avons dîné les deux soirs de notre séjour au restaurant le Stern, à la façade superbement fleurie et aux boiseries impressionnantes. Il est également possible de séjourner sur place : le soir de notre arrivée, un barbecue était réservé aux résidents de l'auberge et nous avions très envie de nous glisser ni vu ni connu parmi eux.
  • À Steeg, on entre dans une autre "zone" du parcours formé par le Lechweg. Il faut donc rendre sa carte de bus à l'office de tourisme, mais on vous en accorde une nouvelle (si vous logez toujours dans une des auberges partenaires) correspondant à cette portion du chemin. 

Bilan de la 3ème étape : 24 182 pas et 17 km. 

J'espère que vous aurez tenu la lecture de cet article jusque là ! Si le parcours du Lechweg vous intrigue et que vous souhaitez relire les précécents articles consacrés à ce voyage, j'ai publié quelques autres articles à son sujet : 

Sur le chemin du Lech, jour 2, Formarinsee - Lech
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2 commentaires:

  1. C'est magnifique, les montagnes me manquent beaucoup en ce moment, ça fait longtemps que je n'y suis pas allée, et l'Autriche me fait de l'oeil (et le côté Dolomites aussi !)

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    1. Merci pour ce petit mot Chrystelle, elles me manquent aussi ces montagnes, je suis tellement peu coutumière de ce genre de paysages !

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