vendredi 27 janvier 2017

Chemin du Lech : randonnée de l'Autriche à l'Allemagne #1


C'est avec un billet « hors saison » que je vous retrouve aujourd'hui, pour commencer une série de billets que j'ai prévu de consacrer au joli voyage que j'ai partagé avec une amie allemande l'été dernier. 
Au fond, je ne sais pas pourquoi j'ai tant tardé pour faire la rétrospective de ce périple. Peut-être parce qu'il y avait beaucoup à dire, que je ne savais pas par où commencer. Peut-être aussi parce que j'étais certaine de ne rien perdre de mes souvenirs en laissant passer un peu de temps, grâce au carnet de voyage que j'ai tenu pendant mon parcours. C'est en feuilletant ce dernier, il y a quelques jours, retrouvant avec émotion les sensations vécues tout au long de notre itinéraire, que j'ai enfin décidé de m'y consacrer.

J'ai tellement envie de vous raconter ce voyage, qui fut si riche en découvertes et en dépaysement, que j'ai presque prévu de refaire la route avec vous, en revenant, étape par étape, grâce à mon carnet de voyage, sur cette chouette randonnée de 10 jours.

L'article d'aujourd'hui sera assez dense, car j'ai voulu y compiler toutes les informations pratiques nécessaires à l'organisation de ce voyage, que je n'aurais assurément pas pu faire sans mon amie allemande (MERCI, si tu passes me lire !), tant les informations en français disponibles sur internet et dans les guides papier autour du « chemin du Lech » sont lacunaires voire inexistantes. J'ai donc essayé d'être la plus précise possible afin de faciliter les démarches de ceux qui souhaiteraient planifier une randonnée sur le chemin du Lech.


Le « chemin du Lech », ou Lechweg, est le nom donné au chemin de randonnée qui suit le cours d'une rivière appelée le Lech sur 125 km. Il se déploie à cheval sur deux pays, commençant en Autriche, au lac de Formarinsee, pour se terminer avec les chutes du Lech en Allemagne, dans la ville de Füssen.

Tout au long du parcours, on suit le Lech à plus ou moins grande distance, s'en éloignant pour monter en altitude, le retrouvant en redescendant dans la vallée.

C'est un chemin d'une grande qualité, qui a d'ailleurs reçu un label par la Fédération européenne de randonnée. Il est relativement facile d'accès, moi-même n'ayant jamais fait de randonnée au long cours et n'ayant pas une incroyable condition physique.

Il est constitué en principe de 15 étapes, mais il est tout à fait possible d'opérer quelques changements, notamment grâce aux nombreuses options offertes aux voyageurs par le réseau des auberges du Lech (voir le point 5). De notre côté, nous avons ainsi effectué 6 étapes complètes à pied, en choisissant de faire quelques impasses sur le milieu du parcours, afin de ne surtout pas manquer le terme du chemin, qui devait notamment nous permettre de voir le château de Neuschwanstein, qui inspira celui de la Belle au Bois dormant.


Plusieurs transferts sont nécessaires pour vous acheminer jusqu'au début du parcours. Je suis partie de Munich, où j'ai pris un billet de train aller/retour jusqu'à Reutte. 

Attention à bien choisir l'aller-retour dès le départ, car il vous en coûtera 28 euros si vous procédez ainsi, alors que l'aller simple coûte 23 euros ! Pas d'inquiétude si vous n'avez aucune idée du train que vous prendrez au retour, vous avez seulement besoin de renseigner le jour de votre départ : le jour J, vous pourrez monter dans n'importe quel train partant de Reutte.

A Reutte, vous prendre ensuite le bus et rejoindrez le village de Lech pour 12.10 euros.

C'est à Lech que s'effectue le départ officiel de la randonnée.
Minette Léonce, en voyage par procuration...



L'essentiel du budget a été dévolu au logement en auberge. Nous avons dormi dans 4 auberges différentes au fil de notre parcours, lesquelles proposaient des nuits allant de 23 (à Weisenbach) à 41 euros la nuit (à Lech, considéré comme un des plus beaux villages d'Europe).

Généralement, nous profitions des très bons et très copieux petits-déjeuners offerts par les auberges, emportant avec nous du pain, du fromage et quelques barres de céréales pour la journée, où nous n'avions pas souvent la possibilité de trouver des commerces ou des restaurants sur notre route.
Le soir, nous dînions dans un des petits restaurants du village où nous faisions halte. Si nous avons pu découvrir un restaurant différent chaque soir de notre séjour à Lech, qui est le village le plus riche de tout le parcours, cela n'a pas toujours été le cas, certains villages ne disposant que d'un seul restaurant. Globalement, il était largement possible de manger pour 15-20 euros, voire moins, car la nourriture autrichienne tient bien au corps, et les « demi-portions » sont encore souvent gargantuesques !

À cela s'ajoute le prix des transferts pour rejoindre le point de départ de la randonnée. Pour les différents trajets (de Munich à Lech) dont je vous ai parlé dans le point précédent, j'ai payé 52.20 euros en tout.
(Souvenir d'un petit déjeuner d'auberge)



Il y a une quantité invraisemblable d'auberges situées dans les différents villages traversés pendant la randonnée. Difficile de faire un choix parmi toutes les références proposées (et encore plus de trouver SON auberge une fois arrivées sur place, où l'intégralité des bâtiments des villages semblaient être une auberge). Il y en a pour tous les budgets, pour tous les conforts, du plus spartiate au plus luxueux. C'est à Lech que vous bénéficierez de l'offre la plus large. Comme je l'ai écrit, ce village est le plus riche de la vallée du Lech, très prisé des Suisses et d'une clientèle, il faut le dire, assez aisée. C'est là que nous avons dû composer avec l'auberge la plus chère de tout notre parcours, tout en optant pour la plus économique. Je vous détaillerai au fil de mes prochains articles « par étape » les auberges que nous avons choisies, mais globalement, nous avons été très satisfaites de nos choix, avec une seule déception au fil du parcours.

Il faut savoir que certaines auberges appartiennent à un réseau spécialement dédié au Lechweg. Ce sont en fait des relais étapes, véritables repaires de randonneurs, lesquels sont accueillis aux petits oignons par les gérants, qui connaissent très bien le chemin du surcroît, sauront vous conseiller des alternatives pour les jours de pluie, et mesurent parfaitement la fatigue de ceux qui posent leur bagage chez eux après une longue journée de marche.

Choisir une auberge appartenant au réseau du Lechweg offre en plus un avantage non négligeable, dont je vous parle juste après...


Certains voyageurs font le choix de ne passer qu'une nuit dans chacun des villages traversés, respectant à la lettre le caractère itinérant de cette randonnée. Le matin, ils quittent à la fois le village et l'auberge où ils sont arrivés la veille au terme de leur étape, et entreprennent de marcher jusqu'à leur prochaine auberge, dans le village d'arrivée suivant. Dans ce cas, la question du transfert ne se pose pas.

De notre côté, nous avions envie de pouvoir nous poser un peu pendant notre voyage, sans avoir la sensation d'être toujours sur le départ. Nous souhaitions aussi pouvoir nous donner du temps pour nous imprégner de la vie locale dans les villages traversés, redoutant de devoir chaque matin quitter à contrecoeur un village que nous avions eu à peine l'occasion de découvrir la veille au soir. Nous avons donc séjourné 3 nuits dans notre première auberge, deux dans les deux suivantes, et à nouveau trois dans la dernière.

En faisant ce choix, il est important d'avoir choisi des auberges partenaires du Lechweg, car vous bénéficiez alors de la gratuité pour tous les bus qui relient toute la journée les différents villages du chemin du Lech. Arrivées dans notre première auberge, à Lech, nous avons obtenu notre « Lechtal Activ Card » (à Lech, il vous faudra aller l'activer à l'office du tourisme, muni du document fourni par votre auberge, certifiant que vous logez bien dans une auberge du réseau). Celle-ci dépend de l'auberge dans laquelle vous séjournez. Lorsque vous quittez le village pour dormir dans une autre auberge, vous bénéficiez d'une autre carte, et ainsi de suite tout au long du parcours.


Cette carte, ouvrant la porte à des trajets en bus illimités, est très intéressante, voire salvatrice :
  • elle vous permet de séjourner plusieurs jours dans la même auberge, et de prendre le bus le lendemain matin pour rejoindre le point de départ réel de votre étape du jour. (en gros, le bus vous ramène en arrière le soir pour dormir dans votre auberge, pendant que vous continuez d'avancer sur le parcours en étapes le jour). Ca nous a offert quelques situations un peu cocasses, toutes les fois où nous avons pris le bus pour retrouver notre auberge en revenant sur nos pas sur le même parcours que nous avions mis cinq heures à effectuer, tandis que le bus nous ramenait en moins de temps qu'il faut pour le dire.
  • elle est aussi indispensable pour ajuster son parcours en fonction de ses capacités / de sa fatigue / des intempéries. Nous n'avons pas toujours effectué les étapes dans leur intégralité, nous fixant, le matin, un objectif qui semblait à notre mesure. Grâce aux bus, nous pouvions, quoi qu'il arrivait, revenir là où nous devions nous trouver le soir pour dormir dans notre auberge, et nous rendre, le matin, là où démarrait l'étape du jour.
    Le réseau des bus est presque fait sur mesure pour le chemin du Lech. Vous ne trouverez évidemment pas d'arrêt de bus en pleine nature, mais les différentes cartes du parcours, que vous pouvez vous procurer dans les auberges ou à l'office du tourisme, ciblent bien les endroits stratégiques où il est possible de faire une halte pour rejoindre un arrêt.

Quand vous pensez avoir éliminé tout le superflus... éliminez encore ! Je pense m'en être assez bien sortie pour ce voyage en terme de vêtements, un peu moins pour ce qui est du matériel photo, car je n'ai pas pu me résoudre à laisser mon trépied après moi. Globalement, je vous conseillerais d'essayer de ne pas dépasser 10 kg si vous êtes une femme.
Dans mon trousseau de vêtements, figuraient ainsi :
  • un pantalon de randonnée convertible en short (du plus bel effet, je vous le concède, il m'en a beaucoup coûté de m'y résoudre...)
  • un short de sport (que j'utilise habituellement pour le running)
  • un débardeur en tissu respirant (idem)
  • un tee-shirt thermolactyl à manches longues (idem)
  • un tee-shirt classique en coton
  • un gilet chaud
  • un imperméable avec capuche
  • un bonnet et un chapeau
  • un collant doublé polaire et un collant de running
  • deux paires de chaussettes en laine
  • deux jeux de sous-vêtements. Equipée de mon savon à tout faire (lessive, gel douche, shampooing – ils font ça bien chez Decathlon), je profitais du soir à l'auberge pour faire ma petite lessive.
  • Un foulard
  • une paire de chaussures de randonnée
  • une paire de Birkenstock, pour reposer mes pieds le soir à l'auberge)
  • un petit sac à dos que je prenais pour la journée toutes les fois où nous retrouvions la même auberge à la fin de notre étape du jour. Ca me permettait de laisser à l'auberge mon énorme sac de randonnée, et de marcher encore plus léger. Je pense que ce n'est pas le plus important si votre sac de randonnée est très moderne et bien conçu (il s'en fait maintenant dont on peut facilement ajuster le volume en le rendant plus ou moins compact), mais le mien n'étant plus de première jeunesse, ce choix me paraissait judicieux.
  • Un cache-sac pour les jours de pluie (très honnêtement, le mien était un sac-poubelle, mais n'hésitez pas à investir si vous pensez que vous allez le rentabiliser).
  • Parlons-en, justement, des sacs-poubelle ainsi que des pochettes plastiques étanches : très importants pour protéger – on ne sait jamais – des papiers, du matériel électronique, si vous devez marcher plusieurs heures sous la pluie.
Je suis régulièrement passée de l'été à l'hiver, et de l'hiver à l'été tout au long du parcours, donc je pense que les options que j'avais choisies étaient plutôt bonnes, car suffisamment modulables pour parer à toutes les situations. Pensez à des vêtements qui se combinent facilement entre eux, pour multiplier les options (le collant polaire sous le pantalon / un gilet qui peut se porter ouvert sur un tee-shirt pour les matins ensoleillés un peu frais, ou boutonné jusqu'au cou par-dessus le tee-shirt à manches longues thermolactyl). 

A cela s'ajoutait des petites choses pratiques comme une lotion protectrice contre les insectes, une pommade contre tous les bobos possibles, une huile magique – mélange d'huiles essentielles permettant de réagir aux traumatismes divers du corps, aux maux de tête, aux piqures et j'en passe...

Les randonneurs aguerris font sûrement mieux, mais je trouve que je m'en suis plutôt bien sortie, grâce à tous les conseils avisés que j'avais lus sur la toile avant de partir.

(à gauche, un matin de changement d'auberge, une longue journée en perspective avec mon grand sac sur le dos / à droite, les journées légères, équipée de mon sac chouchou Sandqvist, qui m'accompagne dans tous mes voyages). 

Notez qu'il existe un service permettant de transférer vos bagages d'une étape à une autre. Nous l'avons découvert une fois sur place en rencontrant une famille de randonneurs allemands armés de bagages ENORMES, mais qui confiaient ceux-ci à un transporteur qui venait les chercher au pied de l'auberge le matin de leur départ, pour les acheminer jusqu'à leur auberge suivante. Ceux-là pouvaient donc marcher avec un sac beaucoup plus léger, tout en sachant le reste de leur équipement en bon chemin vers la prochaine étape.
Le service a un coût, évidemment, cette famille allemande nous confiait avoir payé 168 euros pour eux trois, ceci couvrant l'intégralité du trajet. (renseignement auprès de la compagnie Shuttle Service taxi et Busreisen)(le site est en allemand).

Voilà pour ce premier article, pour lequel j'ai tâché d'être la plus exhaustive possible. Si vous êtes intéressés, n'hésitez pas à me poser d'autres questions en commentaire sur un point que je pourrais avoir oublié, je me ferai un plaisir d'y répondre !  
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2 commentaires:

  1. J'ai très très très envie de partir cet été sur ce fameux chemin :-) tu m'as donné envie avec tes photos sur IG ! Je suis en train d'éplucher tes articles pour avoir plus d'infos et voir si ça pourrait me convenir pour cet été :D

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    1. Au plaisir Alice ! Ce chemin, je le recommande, sans hésiter ! C'est un bol de nature, et j'ai trouvé que c'était profondément ressourçant de caler son itinéraire sur celui d'un cours d'eau. Rien de mieux pour faire corps avec les éléments. Je vais essayer d'accélérer mon rythme de publication pour les articles que j'ai prévu de consacrer à ce voyage, pour te donner le maximum d'infos. ;) Dès demain, un nouveau billet, pour commencer !

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