vendredi 14 juillet 2017

Sur le chemin du Lech #6 - de Holzgau à Elbigenalp (jour 6)

Bientôt un an après mon voyage sur le chemin du Lech, entre l'Autriche et l'Allemagne, je commence à me dire qu'il serait temps de clôturer la série d'articles que j'ai souhaité consacrer à cette randonnée en étapes. On reprend donc la route aujourd'hui, avec une portion de chemin qui fait partie de celles que j'ai préférées, de Holzgau à Elbigenalp, dans la région du Tirol.

Ce matin-là, nous prenons le bus pour quitter Elmen, le village où nous dormons pour deux nuits, et rejoindre le point de départ de notre étape du jour, Holzgau. Comme je l'écrivais dans le précédent épisode, le choix de séjourner à Elmen serait sans doute LE point pour lequel je ferais les choses différemment si c'était à refaire. En arrivant à Holzgau, nous découvrons en effet un village riche en couleurs, très charmant, fleuri comme pas deux, où nous nous serions très bien vues passer quelques nuits.
Le village est connu pour ses peintures baroques, qui décorent nombre des maisons. Avant de prendre le départ de notre étape, nous faisons un petit tour dans ses rues, le temps d'admirer les façades un peu kitsch (mais tellement mignonnes !) réalisées par Franz Seraph Zwicky. De quoi nous faire regretter, en effet, de ne pas y séjourner une ou deux nuits. 

Depuis l'église, il suffit de lever la tête pour apercevoir déjà ce qui nous attend au programme de la journée : le Holzgauer Hängebrücke, le plus long (200 mètres) et le plus haut pont suspendu d'Autriche, qui se déploie à 110 mètres du sol. Je fanfaronne un peu car je sais que nous avons d'abord une bonne demi-heure de marche à compter avant d'y parvenir, mais je regarde tout de même régulièrement en haut pour apprivoiser un peu l'obstacle et jauger la difficulté. 

Sur notre chemin, nous tombons sur les cascades de Simms, particulièrement bruyantes et impressionnantes. Nous mettons un temps fou à les laisser derrière nous, littéralement hypnotisées par la puissance qui se dégage de l'endroit. 

Et puis il faut bien s'y coller, poursuivre le chemin qui mène jusqu'au pont, et le traverser, malgré l'instabilité, malgré les petits rigolos qui s'amusent à le faire tanguer en secouant les balustrades. Je me souviens encore de mes jambes tremblantes au moment de m'engager, et puis aussi de la façon dont mon envie de photographier a pris le dessus sur l'appréhension. L'envie de tout voir, faire tenir le paysage entier dans mes yeux. Alors, comme souvent dans ces moments-là où je me sens rattrapée par mon vertige, c'est à mon appareil photo que je me cramponne, et je passe au-dessus de tout le reste. 

Mes photos rendent finalement peu honneur à la beauté de la vue, tout là-haut, mais le souvenir, lui, est intact dans ma tête, et la fierté d'avoir traversé ce pont, dans un sens, puis dans l'autre, est toujours là elle aussi. 

Holzgau vu d'en haut

C'est drôle comme ces articles ravivent les souvenirs, d'ailleurs. En les écrivant pour partager mon voyage avec vous, je replonge également dans mon carnet de voyage, retrouve les petits gribouillis que j'y ai laissé sur les pages, et puis quelques anecdotes. Je me rappelle ces deux femmes hautes en couleurs, rencontrées peu après notre passage sur le pont, l'une d'elle qui randonnait - je ne sais trop comment, étant donné les chemins glissants, notamment en descente - en Birkenstock. Nous les avions croisées une première fois lors de notre pause déjeuner, et puis, curieux hasard, une seconde fois alors que nous faisions notre dernière halte de la journée au Chaudron de la sorcière (tout un programme), à Hexenkessel. C'était une drôle de rencontre, un chouette moment, aussi, partagé sur une des tables de la terrasse du restaurant. Une discussion dans un mélange d'allemand, d'anglais et de français, un gâteau qu'elles avaient tenu à m'offrir, tandis qu'elles nous confiaient, très volubiles, à quel point elles était épuisées par leur journée, nous rassurant par la même occasion sur notre propre état de fatigue. 
Là, tout en haut de la montagne, je me souviens encore ce vieux monsieur qui sans prévenir, avait entamé un air de musique sur une énorme corne des Alpes, s'offrant toute la terrasse du restaurant comme public tout acquis à sa cause. En une seconde, tout le monde s'était tu pour profiter de ce spectacle inattendu, notre récompense après les difficultés rencontrées pendant la dernière ascension. 

 Retrouvailles avec le Lech, aux températures toujours aussi froides ! L'eau vient directement des glaciers, c'est ce qui explique qu'elle ne dépasse jamais 6°C, et que sa couleur soit aussi belle et claire, car une température aussi basse neutralise le développement de la plupart des végétaux.

Bilan de l'étape : 30 156 pas et 21.61 km

À bientôt pour la fin du voyage ! 
En attendant, vous pouvez relire les précécents articles consacrés à ce voyage ici :

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4 commentaires:

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    1. Mes jambes se souviennent encore à quel point la randonnée était tout sauf reposante, quand il s'agissait de cheminer, hihi, mais c'est vrai que c'est apaisant, de regarder des photos et des paysages de montagne. Merci pour ton petit mot !

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  2. Magnifique! Ça donne envie de mettre ses chaussures de randonnées (par contre pour l'étape du pont, j'ai le vertige aussi...)

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    1. Merci ! Impressionnant, hein ? Difficile de retranscrire par images à quel point mes jambes flageolaient, tout là-haut. Mais ça en valait tellement la peine !

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